Si votre processeur est en mesure de consommer 75W, c’est qu’il peut également les dégager. Le moyen le plus classique pour refroidir votre CPU reste le ventirad. La majorité de ces produits hauts de gammes comportent des « heatpipe » autrement dit des caloducs. Possible que certains d’entre vous ne connaissent tout simplement pas le terme – pour dire, j’employais seulement le nom anglais auparavant : « heatpipe ». Les caloducs sont des tubes composés le plus souvent de cuivre (photo ci-dessous) utilisés pour conduire la chaleur. Découvrons ça.

Il y a plusieurs mois de cela, mon camarade Timo s’est justement posé la question de comment ce tube se comportait. Je ne m’étais jamais interrogé sur le fonctionnement d’un caloduc; voici ce que j’en ai retenu.
Le caloduc est un élément complétement hermétique, dans le quel, un (seul) fluide frigorigène circule. D’un coté, le caloduc absorbe la chaleur, le liquide s’évapore donc, puis à l’autre extrémité (grâce aux ailettes du ventirad), le gaz se condense. On obtient ainsi un circuit dans le quel le fluide change constamment d’état. Tout est équilibré, le tube est toujours plein, il n’y a pas de vide. Le liquide peut-être de divers sortes : eau, éthanol et mercure étant les plus répandus.
Une question subsiste, par quel moyen le fluide arrive à circuler ? Grâce à deux principes.

Inévitable et logique, le liquide qui chauffe s’évapore et remonte dans le conduit. Une fois en haut, il refroidit, se condense et retombe, ainsi de suite. Voir schéma.
Très bien, mais comment ça se passe si le caloduc n’est pas à la vertical ? Autant dire dans tous les cas …
Il suffit de voir la forme des caloducs ou la position de votre tour. C’est là que les tubes capillaires interviennent. De manière simplifiée, le phénomène (que Wikipédia expliquera mieux que moi) permet à un liquide de traverser un tube très fin d’une extrémité à une autre. Le conduit a beau être la vertical, le fluide présent dans le tube capillaire peut remonter en défiant la gravité. Jetez à nouveau un coup d’œil au schéma, il devrait vous paraitre beaucoup plus clair.
J’espère que l’explication, courte soit-elle, est compréhensible. Une belle technologie dont l’industrie devrait davantage se servir. Ses qualités en font un excellant échangeur thermique et surtout « illimité ».
En parlant de refroidissement, je suis tombé sur un article très complet abordant l’efficacité thermique de plusieurs fluides. Un dossier à lire par tous les intéressés du water-cooling.
J’ai prévu d’autres billets « découverte & fonctionnement » tel que celui-ci. Faites moi signe si c’est chiant avant que je m’y colle
.
Je ne fais pas signe
Intéressant comme article, j’attends les suivants.
+1
Pas chiant du tout !!
J’en redemande
Merci pour ce billet
La première fois que j’avais ouvert un de ces tubes capillaires j’étais surpris de la voir creuse déjà et ensuite que de la vapeur s’en échappait.
Il s’agit donc du même principe qu’une pompe à chaleur, mais en plus petit !
Sauf qu’une pompe à chaleur utilise un système mécanique pour permettre les changements d’états du fluide frigorigène : le compresseur pour passer de gaz à liquide, et le détendeur pour passer de liquide à gaz.
Il me semble que les puissances mises en jeu dans un caloduc sont nettement plus limitées, mais j’aimerai bien en avoir confirmation.
Oh, oui c’est plus limité en puissance !
Sur le principe c’est néanmoins la même chose : en se liquéfiant, le fluide perd en chaleur et la cède à la grille où un ventilateur l’évacue dehors, puis tombe par gravité.
Et le liquide pompe la chaleur du processeur pour devenir vapeur et monter.
La différence, c’est que la pompe à chaleur prend les calories du corps froid (le sol) pour la donner au corps déjà chaud (la maison). Comme c’est un transfert de chaleur qui n’est pas naturel (ie du chaud vers le froid), il faut un apport de travail avec une pompe.
Ici, il s’agit simplement d’accélérer un processus naturel : le transfert du chaud (processeur) vers le froid (grille).
Super article,
Javais vu sur le site ci joint le gif animé du caloduc mais pas toutes les explications
http://www.bcfmkm.fr/include_bcfmkm/page/Thermacore_Heatpipe_caloduc.asp
Merci
Dd
Dans le genre j’ai la plus grosse (conductivité thermique), il y a la notion de « super fluide »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Superfluide
Ici pour voir : http://www.youtube.com/watch?v=bmvlIdNXxjM&feature=related
J’en redemande aussi !!
Nice. Un article court mais qui résume bien le procédé.
Bravo !
Excellent, ça fait toujours du bien un petit rappel, j’avais déjà eu un topo très scientifique d’un ami en DUT génie thermique.
Idée d’article : l’effet Peltier et comment on peut l’utiliser pour refroidir son processeur. Si je me rappelle bien y’a un marché de dissipateurs à effet Peltier pour les bricoleurs hardcore.
Un petit lien qui peut être utile aussi pour comprendre comment est maximisée la dissipation thermique dans l’électronique :
http://www.fischerelektronik.de/fr/nouvelles/nouvelles-sur-la-recherche/concepts-de-refroidissement-pour-l-industrie-electronique/
« eau, éthanol et mercure étant les plus répandus. »
On utilise aussi du R134a dans les systèmes de refroidissement. T’es sur que les caloducs des ventirads n’en sont pas équipés ?
En tout cas, chimiquement parlant, avec un heatpipe en cuivre et des ailettes en alu, on fait une réaction d’oxydation et ça fait une pile
Ils vont pas aussi loin les fabricants de pc je crois ^^
@Thibaut : à vrai dire, « eau, éthanol … » c’est ce qui ressort de mes lectures. Je ne serais pas étonné si un autre mélange était utilisé.
Petit lien vers la description Wikipédia du R134a, aussi nommé tétrafluoroéthane.
Tu t’y connais plus que moi dans ce domaine
.
ou comment expliquer le fonctionnement du Vapor-X de Sapphire!
Bien jouer!