Ich bin ein Berliner

C’est cette phrase qu’a prononcé John F. Kennedy lors de sa visite à Berlin : « Je suis un Berlinois ». C’était en 1963, la première fois qu’un président Américain retournais en Allemagne depuis la fin de la seconde guerre.

Je viens de passer cinq jours à Berlin dans le cadre de mon voyage scolaire. C’est une ville très étonnante qui m’a donné envi de vous en parler. Je me permets donc de mettre l’hardware de coté le temps d’un article.

 

Arrivée à Berlin : nous n’empruntons pas tous le même métro

Écrans, projecteurs, lumières d’ambiances et murs blancs. Non vous n’êtes pas au cinéma. Vous vous trouvez en ce moment même à Friedrichstr, la gare située à 4 minutes de la porte de Brandebourg dans la fameuse avenue Unter den Linden. Cette porte de 26 mètres de long, anciennement placée en territoire Russe, démarquait la zone Ouest et Est. Retournons à notre train.

Si vous connaissez le métro Parisien, vous ne pouvez pas imaginer ce qui vous attend.

« Mais où sont les tourniquets ? les guichets ? ». Un tel décor n’est autre que stupéfiant. Trop propre, trop silencieux. Non ! Nous ne sommes pas dans le métro. Mais attendez. Vous parlez de tags ? de sièges déchirés, il n’en est rien. Les Berlinois achètent leurs tickets de transport chaque matin et profitent ainsi d’une merveilleuse balade à travers les sous-terrains de la capitale.

A présent, je ne vais sans doute plus vous surprendre mais écoutez bien, vous pouvez regarder les informations grâce à des télévisions réparties tous les 5 mètres. Très surpris, nous avons découvert la présence d’un contrôleur chargé de vérifier la fermeture des portes sur certain train. Apparemment, seul lui peut donner l’autorisation de repartir.

Bien que le métro soit impeccable, il ne reflète pas réellement la mentalité de ses habitants. Les Allemands sont des personnes très carrées et responsables mais en apparence ils sont tout autre. Il n’est pas rare d’apercevoir des Berlinois ou Berlinoises, avec une bière à la main. Je vous rassure, je ne parle pas d’ivrogne. Ce simple détail est pourtant impensable à Paris. Vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez croisé une fille en train de boire dans la rue ?
De nombreux quartiers sont tagués par des adolescents qui n’iront pourtant jamais défier leurs aînés et respectent plus que tout leurs voisins.

 

Visite du musée Juif : une étape marquante

Le musée Juif de Berlin est très spectaculaire. Le bâtiment en forme éclair et entièrement revêtu de zinc se situe à seulement quelques mètres de l’ancienne cour de justice Prusse. Autant dire qu’il y a un monde entre ces deux monuments. Son architecture est très impressionnante. La façade est striée par des entailles. Ceci n’a rien d’un hasard. Elles représentes les cicatrices laissées à tout jamais au peuple Juif.

« Le musée juif est basé sur des figures invisibles dont les tracés constituent la géométrie du bâtiment. Le sol sur lequel le musée est bâti n’est pas seulement celui qui est visible dans le quartier du Kreuzberg, mais également celui qui est à la fois au-dessus et en dessous. »

Les souterrains sont divisés en trois grandes parties :

L’axe de l’Holocaust

Ce premier chemin conduit vers la tour du même nom. Plongez dans l’obscurité, seul une brèche située à 30 mètres de haut vous éclaire. Cette fente qui nous semble inatteignable matérialise le désespoir et l’inconcevable survie des Juifs. Le froid renforce d’autant plus cette sensation que rester plus de 5 minutes devient insupportable.

L’axe de l’Émigration

Il mène vers l’extérieur, plus précisément vers la forêt de l’exil. Ce jardin repose sur une dalle en béton en forme de carré. Cette dalle dont le plan est incliné comporte 49 piliers en béton répartis de manière symétrique. Au bout de chaque pilier grand comme deux hommes, un olivier jaillit. Cette scène violente évoque l’arrachement qu’a subit le peuple Juif. L’inclinaison rend la traversée malaisée, vous avez pour seul source de lumière le ciel ainsi que les cotés. Impossible de s’échapper, une tranchée vous sépare du monde extérieur.

L’axe de la continuité

C’est le couloir principal. Il est succédé par des escaliers qui vous mènent en dehors de la terre. Après vous être enfoncé dans le musée, vous tombez dans la salle aux 10 000 visages. Le sol de cette gigantesque pièce est recouvert de plaques métalliques symbolisant des visages d’enfants, de femmes et d’hommes. Imaginez vous en train de marcher sur ces visages. Le bruit généré par vos pas et le peu de lumière créent une atmosphère oppressante. A cet instant, Vous ressentez presque leur douleur.

Le musée comporte également de nombreux espaces vides qui évoquent le génocide ainsi que le manque. Ce long parcours est éprouvant. Vous perdez presque vos repères. C’est une expérience très forte.

 

A l’intérieur d’un squat

Ce moment du voyage fut très impressionnant. Nous connaissions l’existence d’un squat dans le quartier de Kreuzberg (sud de Berlin) mais n’avions aucune adresse. Nous étions donc en train d’explorer les environs lorsque nous sommes tombé sur deux jeunes filles. Elles nous ont indiqué une direction puis sont entrées dans une grande maison délabrée. Nous avons continué notre chemin pendant quelques minutes quand soudainement, une dame d’environ 70 ans nous interpella. « Je dois vous montrer quelque chose » nous dit-elle, et en français s’il vous plaît ! Elle nous dirigeait dès à présent vers cette immense maison, cette même maison délabrée dans laquelle les jeunes filles sont entrées, et là où nous allions découvrir quelque chose de stupéfiant.

Nous avons immédiatement compris que les deux jeunes filles s’étaient moquées de nous. Une fois la porte en bois du manoir dépassée, un spectacle formidable s’offrait à nous. À gauche, à droite, au plafond, tout était tagué, peint ou encore dessiné. Je ne parle pas de vulgaire tags mais d’art. Cette battisse abrite, car oui, des gens y vivent, des artistes. Ce refuge était tout simplement magique. C’était excitant et nous étions très curieux. Nous avons monté un escalier puis deux et avons découvert des tags plus fascinant les uns que les autres.

Après avoir parcouru ces escaliers et plusieurs couloirs, une résidente nous a adressé la parole : « vous n’êtes pas chez vous, ne prenez pas de photo; c’est comme si je rentrais dans votre logement sans votre permission pour photographier votre intérieur ». Nous n’étions malheureusement pas les bienvenus. Nous avons décidé de quitter ce lieu extraordinaire…

 

Pour finir en beauté je vous propose de découvrir les photos que mon équipe et moi avons pris. Voici une galerie regroupant quelques dizaines de clichés. Le reste du site est un blog (non finalisé) que nous devions tenir à jour.

On se revoit bientôt pour un article hardware ;).

Commentaires

  1. Par qwerty

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  3. Par Lucas

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  4. Par Pazns

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