Les SSD, une arnaque organisée ?

Article tant attendu et question si préoccupante : comment bien choisir son SSD ? Les offres sont innombrables, les prix parfois très proches et sur le papier, tout se ressemble. En se penchant sur le monde du support de stockage électronique, nombreux subterfuges marketing peuvent être mis en évidence. Et si votre quête ne se résumait plus à chercher le modèle proposant le meilleur ratio performance/prix mais l’offre la plus honnête ?

C’est suite à la lecture du test de HFR réalisé sur 20 SSD, que les conclusions de plusieurs lecteurs se croisent : en pratique, les résultats sont sensiblement similaires. J’insisterais même en disant que les différences ne peuvent être perçues.

Fiche technique : on vous prend pour des imbéciles

Compression à la volée promettant des ratios de 7 pour 1, débits annoncés frôlant les 540Mb/s, toutes ces informations ne sont que pures mascarades. Ces chiffres issus de benchmarks réalisés par le constructeur lui-même et dans des conditions ultra-favorables ne sont pas du tout démonstratifs. Ne perdez pas votre temps à scruter le dos de ces boîtes, seul les tests pratiques comptent. A ce propos, vous risquez d’être surpris.

photo mr.bean

La capacité ou l’escroquerie du siècle

Vous connaissez la chanson : Go et Gio. Alors, quand Windows continue à afficher en Ko tout en comptant en base 2 (1Ko = 1024 octets selon Win), quand les vendeurs emploient pour des questions marketing les Go et que les constructeurs parlent en base 2 … c’est le bazar.

En résumé, un SSD de 120Go correspond en réalité à 111,8 Gio (affiché Go par Windows) ou 128Go → 119,2Gio.

40€ pour gagner 0,2ms ?

« Eh regarde, j’ai encadré mon bench de lecture séquentielle et mon SSD arrive premier. »

Voilà à quoi se résume l’utilité des tests théoriques pour 99% de la population … Ce qui est magique, c’est qu’un SSD complètement à la ramasse dans la moitié des benchmarks théoriques (de l’ordre de 50% comparés à ses concurrents), éprouve en réalité (ouverture d’un programme, démarrage de l’OS…) un décalage de 0,6ms comparé aux meilleurs SSD. C’est pour vous dire à quel point les graphiques peuvent être trompeurs.

On peut prendre le problème dans l’autre sens. Vous croyez prendre le SSD le plus rapide de la galaxie (et le plus cher au passage) et votre cousin équipé d’un Pentium 4 couplé à un SSD no-name, démarre Windows 8 aussi rapidement que vous. Affligeant n’est ce pas ?

Donnons un peu de sens à tous ces propos avec un graphique tiré du test de HFR (partie tests pratiques – démarrage de Windows 7) : dévoiler

Accordons nous pour dire que sauf deux modèles, on ne doit pas ressentir grande différence …

Mais alors ça sert à quoi un SSD ?

Un SSD, qu’on se le mette bien dans la tête, ça n’apporte qu’une seule chose : une latence foudroyante (on parle en micro-secondes). Alors que la majorité des PC se voient bridés en terme de vitesse, le SSD va inverser la situation. C’est à dire que actuellement, lorsque votre processeur quad-core exploite 10% de ses capacités pour lancer Firefox, votre disque dur tourne à plein régime. Avec le SSD, on va équilibré la chose en se retrouvant à 10% des deux cotés. Notons au passage que nos machines sont 90% trop puissantes mais c’est un autre débat …

J’ai dit une « seule chose » en parlant des avantages du SSD mais il en apporte d’autres (heureusement). Pour un portable, le SSD a tout intérêt à être privilégié pour des questions de robustesse et dans une tour, mis à part le confort procuré, il apporte du silence.

« Et la vitesse et la vitesse ? » criez vous. Réfléchissez, à part en cas de copie SSD vers SSD, que voulez-vous qu’apporte 400Mb/s ? Triste à dire mais pour le grand public, ces débits sont tout à fait futiles.

Malgré ce qui a pu être dit plus haut, il faut avouer qu’un SSD redonnera littéralement vie à une configuration un peu vieillissante (pas la peine d’investir si ce n’est pas au moins du sata 2). D’ailleurs à propos des normes sata, les révisions 2 et 3, qui proposent respectivement 300Mb/s et 600Mb/s de débit théorique, ne créent aucune différence notable lors d’un usage classique.

Quel modèle choisir ?

Sécurité ou performance ? C’est un peu le choix que vous laissent certains constructeurs. Quand on voit des SSD OCZ atteindre des taux de retour de 15%, on peut se poser des questions (heureusement, après correction du firmware, le taux est redevenu bien plus respectable). Crucial et Intel font très bonnes mines (même source).

La pérennité de vos données représente un critère très important mais à part hardware.fr qui collecte ces chiffres une fois par année, il n’y a pas vraiment moyen de vérifier. C’est un peu la roulette russe mais coté disques durs c’est pas mieux, donc bon. Je serais juste curieux de savoir à combien s’élève les chances de récupération de données sur des supports électroniques.

Venons-en aux faits ! Après toutes les injures que j’ai dites à propos des SSD, ça serait quand même intéressant de savoir quel modèle commander à papa noël.

Première question, quelle capacité ? Seul vous pouvez y répondre mais je vais vous guider :

  • 30/32 Go – vous êtes sous Linux, c’est deux fois trop pour la « racine système ». Cependant, pour la différence de prix, il est très tentant de prendre la taille au dessus;
  • 60/64 Go – très limite pour W7, requiert une attention particulière. Je ne recommande pas cette dimension à moins que vous soyez sous Linux (parfait dans ce cas);
  • 120/128 Go – c’est la capacité idéale, vous pourrez envisager un dual boot ou installer Windows et quelques programmes;
  • 250/256 Go – gros budget.

« jm’en fou de tout ça ! quel modèle je dois prendre, c’est tout ?! », on y arrive … mais gâchons au moins notre argent de manière intelligente :). Voici les références que je vous conseille (prix indiqués pour 128Go sauf Intel 120Go) :

Les générations à venir

Plus de vitesse, toujours plus de vitesse … Comme nous avons pu le voir, les SSD sont déjà sur-dimensionnés et sous-exploités. L’argument comme quoi ils seront 3 fois plus rapide que les modèles précédents, on s’en fout un peu. Cependant, les technologies à venir vont améliorer un point important : la durée de vie et la fiabilité. On estime que les cellules actuelles peuvent durer une dizaine d’années à condition de bien traiter son bolide. Quand on parle de nos précieuses données, peu importe l’amélioration, elle est la bienvenue.

Je terminerais sur une connerie à laquelle on ne devrait même pas penser (je l’ai vu plusieurs fois dans des discussions) : monter un RAID 0 avec des SSD. Bonjour la sécurité et coté latence (principal intérêt des SSD), elle se voit au mieux similaire ou sinon moins bonne que sans RAID.

Conseils et optimisation de son SSD : sous Linux ou Windows 7.

Commentaires

  1. Par qwerty

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  2. Par Nicolas

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      • Par Kernald

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  21. Par N'Bozo

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