
Pour conclure sur la partie chiffre, nous devons nous attarder sur un dernier graphique : les ventes de disques durs. Ainsi nous pourrons confronter tous les chiffres et leur donner davantage de sens. Je suppose que vous avez encore les courbes précédentes en tête et vous observerez que celle des ventes suit la même allure au détail près que… Entre Q3 et Q4 2011, Western Digital passe de 51 millions d’unités vendues à 29 millions soit environ 40% de vente en moins, mais conserve des bénéfices similaires et son CA ne chute que d’un petit 15%. L’explication est simple, le constructeur a compensé les pertes en augmentant considérablement le prix de ses disques.

Ce n’est guère mieux pour Segate et les trimestres suivants. Prenons, le Q1 2012 qui précède les inondations et qui correspond en autre, à la montée en puissance des deux géants. Chez Seagate les ventes ont grimpé de 20% tandis que le CA augmente de 60% et que les bénéfices explosent de 1100% par rapport aux bilans pré-crise ! Il y a comme un léger WTF dans l’air. Certes, inondations il y a eu, dégâts matériels sont à déplorer et des correspondants tels que Nidec Corp souffrent, mais quand même… Peu importe les arguments mis en avant par Seagate ou Western Digital, ils ont clairement profité de la soit disant crise et ont empoché un max d’octet-dollars.
Encore perplexe ? Pourtant… même en supposant que les intermédiaires aient impacté (et ce fut le cas, il ne faut pas le nier), ils n’ont pas pu déséquilibré autant le marché au point que certains HDD dans les boutiques affichaient trois fois leurs prix orignal. Toute la chaîne s’est gavée : constructeurs comme grossistes et revendeurs.
Western Digital se plaindrait-il d’avoir du travail ?
Toujours pas convaincu ? Très bien. Nidec Corp comme mentionné quelques lignes plus haut, fut particulièrement pointé du doigt lors de la catastrophe. Avec 75% de la production mondiale de moteurs, il est certain qu’il a joué un rôle majeur. Mais… au 4e trimestre 2011 celui-ci a pu fournir 100 millions de moteurs au lieu de 140 millions prévus, malgré les inondations. Sur ses trois usines, deux d’entre elles sont reparties à partir du 1er décembre. Si importante soit la baisse de production, elle ne justifie en rien les chiffres évoqués précédemment. Nous ne sommes même pas dans les mêmes ordres de grandeurs.
Insistons sur WD qui fut durement touché comme le prouve les bilans du Q4 mais pour autant, on s’aperçoit que le constructeur s’en sort très convenablement. Les trimestres suivants marquent pour lui et son concurrent un âge d’or où ils ont battu tous les records. Terminons avec deux citations. Voici ce qu’affirme le directeur des ventes de WD : « Très honnêtement, vu la situation du marché, je ne pense pas que les prix retrouveront leur niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, les prix sont revenus à des niveaux beaucoup plus acceptables » nous signale-t-on chez WD. (via PCWorld)
Des prix « beaucoup acceptables »… et quoi d’autres comme argument fumeux ? Leurs marges augmentent de 40%, les chiffres d’affaires dépassent l’entendement, le nombre de disques vendus s’envole et les bénéfices sont au moins cinq fois plus importants sur l’ensemble de l’année. Sérieusement, c’est prendre les gens pour des cons.
Chez Seagate on nous rétorque : « Il y a environ 300 fournisseurs de pièces détachées indispensables pour la construction des disques installés dans la région, et au niveau de l’approvisionnement en composants, nous avons été touchés au même titre que WD. Sur ce plan, nous étions à égalité » (via PCWorld)
Ah, c’est pour ça les 1100% de bénéfices ! Je comprends…

Concluons sur l’évolution du prix des disques entre le début de l’année 2011 et la fin d’année 2012. Le graphique en question se base sur le tarif d’un HDD Caviar Black de marque Western Digital de 1To. Un modèle très classique, très répandue et en vogue.
On distingue nettement une baisse progressive des prix entre janvier 2011 et la fin de l’été. La ligne en pointillée verte indique que le Caviar Black a atteint le prix de 69,99$ puis s’en suit une montée des prix totalement irrationnelle. En quelques semaines, la valeur du disque va quasiment tripler.
Plus proche de nous, au mois de novembre, soit un an après la catastrophe, on s’aperçoit que le prix est encore loin de ses origines avec une marge de 35%. Mais 35% c’est encore énorme ! Certains font la grève pour gagner 0,02% sur leur salaire… A ce rythme là, nous devrions retrouver les prix avant-inondations dans une petite dizaine d’années… le temps que tout le monde achète un SSD. Nous reviendrons sur ce dernier.

Si elle ne se relève pas dans 5, 4, 3, 0 : renvoyée
Des objectifs différents, on l’a vu mais surtout ressenti. Quant à l’innovation, on préférerait qu’elle agisse sur les tarifs…
Impossible d’évoquer la vente de disques sans mentionner les contrats annuels entre les deux constructeurs et leurs partenaires privilégiés. Seagate et WD n’en disent pas plus à ce sujet mais nous pouvons imaginer qu’ils collaborent étroitement avec de grosses sociétés telles que Google ou tout individu qui consomment d’importantes quantités de données. Pourquoi pas l’armée. Bref, ces derniers peu importe leur nature, bénéficient de contrats d’approvisionnement aux montants sûrement bien négociés et qu’il faut garantir en premier lieux. Ces contrats assurent donc une rentrée d’argent certaine, sur lesquelles les constructeurs peuvent compter.
Plus d’informations : hardware.fr
Toujours sympa ce dossier par contre tu dis
Je suis pas d’accord, je préfère qu’ils agissent sur le point de l’innovation TOUT COURT ! Pas forcément que sur le prix, ils attendent quoi pour se mettre aux SSD ? Profiter des ses usines pour les reconvertir je sais pas… Après tout, sont cons, sont cons, on y peut rien.
@guzz : ils ne produiront pas de SSD. Ça reviendrait à ce que les compagnies pétrolières investissent dans la recherche de l’énergie solaire par exemple… Ils vont continuer à se focaliser sur les disques durs. Ce support n’est pas prêt de nous quitter avec des HDD de plus en plus gros, désormais 4To, des tailles toujours plus réduites, etc. Ils vont pouvoir encaisser pénard pendant quelques dizaines d’années encore…
ça me dégoûte…
merci tout de même pour la saga
Dans le menu, il manque le « .html » au lien « Western Digital et Seagate, tour de table »
Certes ça fait plus que mal.
Mais ça fait malheureusement partie des joies du capitalisme.
Et qui pourra s’opposer à une entente sur les prix entre eux deux ?
Toshiba n’a pas la carrure pour, et il n’y a pas d’autres challengers.
Et quand bien même ; la présence de trois acteurs n’empêche pas une entente sur les prix : nous avons eu le cas en téléphonie mobile…
@BibiSky51 : encore merci pour la petite erreur
.
J’approuve totalement ce que tu dis. Je n’ai pas envie de répéter ce que je vais dire dans les prochains chapitres donc je m’abstiens de commentaire constructif.
On est très proche de la fin de toute façon. Le dénouement approche.
Il manque aussi le .html pour
I) Les géants du disque dur s’installent
Nicolas, quand tu dis dans ton commentaire « On est très proche de la fin de toute façon »
tu parle de la fin de ton dossier, ou la fin de cette arnaque ..?
@leon : décidément j’ai du mal avec les liens… je corrige ça dès que possible… encore merci.
Ma dernière phrase pouvait en effet porter à confusion. Je parle bien sûr du dossier. Les arnaques quant à elles ne se termineront jamais je crains… Autant dans le domaine des HDD que le reste de l’info et tous les produits du commerce quoi.
Bref, rendez-vous demain matin avec la partie 7. Vous saurez ou non avec cet article, s’il y a une suite de prévue
. Suspens !
De toute façon demain n’existe pas, puisque c’est le 21 décembre 2012.