A écouter certains, les inondations thaïlandaises ont radicalement changé le cours de l’histoire. Tous les superlatifs sont employés, « crise dévastatrice », « inondations meurtrières » ou encore « catastrophe d’ordre planétaire »… Voyons si les résultats financiers des deux groupes sont à l’image de leurs paroles.

« C’est cool, avec les inondations on peut prendre son bain dans le salon. »
Les trois schémas qui vont suivre, comportent sur l’axe des abscisses, les cinq derniers trimestres recouvrant ainsi la période de juin 2011 à septembre 2012. Le Q4 ne va pas tarder à s’achever ou peut-être l’est-il au moment où vous lisez ces lignes, ce qui sera sûrement l’occasion de relancer le débat ou de mettre à jour le dossier suite à la parution des bilans financiers. Quoi qu’il en soit, vu les prévisions, il n’y a guère à s’inquiéter pour les poches de Seagate et Western Digital. Nous y reviendrons après.
Avant de se lancer tête baissée dans les chiffres, notez que les premières valeurs de chaque tableau, soit le 3e trimestre 2011, correspondent à la situation avant-crise. Sachez que durant cette période, apogée du disque dur, avec des prix au Go jamais atteint, l’industrie battait son plein. Les chiffres du Q3 2011, pré-inondations, reflètent donc bien la situation « normale » des constructeurs.

La démarcation avant-après inondations est notable pour WD. Son chiffre d’affaire est en baisse mais il faut relativiser. Nous sommes loin d’un plongeon avec seulement 0,3 milliards de moins que le trimestre précédent. Rappelons que le Q4 2011 correspond au summum de la crise, soit à « une catastrophe d’ampleur mondiale dont l’industrie ne se relèvera pas avant deux ans ». Pour un événement de cette envergure, autant dire que les pertes matérielles sont tout à fait acceptables… Puis ce n’est sans parler des trimestres suivants.
Dès Q1 2012, Western Digital ressort la tête l’eau avec des chiffres insolents. A croire que les inondations ne sont déjà plus qu’un lointain souvenir… Chez Segate, c’est la fête, le constructeur est numéro 1 mondial depuis deux trimestres consécutifs (mais le plaisir ne durera pas).

Second trimestre 2012, l’improbable se réalise, les deux concurrents enregistrent un chiffre d’affaire record en doublant les recettes pré-crise (si la définition du mot crise existe encore). WD repasse devant son concurrent avec 4,8 milliards de dollars, de quoi acheter quelques autres Samsung et Hitachi…
Le Q3 2012 marque une importante baisse mais les résultats restent largement au-dessus des bilans habituels.

Les chiffres d’affaires c’est beau mais les bénéfices nets, ce que les directeurs pourront directement convertir en jets et voitures de luxes, c’est plus drôle. On remarque ainsi qu’avant la catastrophe, WD distançait Seagate de 50 millions, un gros écart qui représentait environ 60% de bénéfices supplémentaires pour situer la chose.
Q4 2011, les inondations frappent la Thaïlande, même discours « on va tous mourir, l’industrie entière est compromise… ». Malgré ça, WD, majoritairement touché conserve des bénéfices similaires et son acolyte le distance d’un modeste 400 millions, soit 6 fois plus de liquide que le trimestre précédent.
Q1 2012, Western Digital toujours « sous le choc » et qui « ne s’en remettra pas avant des mois, voire des années », voit ses bénéfices quadrupler par rapport à la situation pré-crise. Seagate continu sur sa lancée, pourquoi s’arrêter en si bon chemin…
Q2 2012 : WD est inarrêtable, Segate a encore la tête dans les nuages. Enfin, terminons avec le Q3 2012 qui décidément ne permettra pas aux CEO de se payer leurs yachts de rêve. Bon, on reste quand même entre 5 et 7 fois plus de bénéfices qu’un an auparavant donc il y a de quoi se consoler.
Qui oserait remettre en doute la parole de ce monsieur ?
C’est assez incroyable en effet Oo
Merci pour ce dossier, affaire à suivre !
Attention !
Dans le chapitre « CA : faites péter le champagne ! », au début du second paragraphe je pense que tu voulais écrire « Dès Q1 2012 [...] » et non 2011
Oups, j’ai oublié de me faire connaître
@BibiSky51 : tout à fait, merci je corrige. Tu as les yeux
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